Les travaux à proximité de réseaux enterrés, aériens ou subaquatiques représentent un risque majeur pour la sécurité des personnes, la continuité des services publics et l’environnement. C’est précisément pour encadrer ces interventions qu’a été créée l’Autorisation d’Intervention à Proximité des Réseaux (AIPR).
Mais quels sont exactement les réseaux concernés par l’AIPR ? Et en quoi leurs caractéristiques influencent-elles la manière de préparer et d’exécuter un chantier ?

1. Les réseaux souterrains : la majorité des cas d’intervention
Les réseaux souterrains regroupent tous les équipements enfouis sous terre. Ce sont les plus fréquemment rencontrés sur les chantiers, notamment dans les zones urbaines et périurbaines. On y trouve :
- les réseaux électriques (haute et basse tension),
- les réseaux de gaz (basse, moyenne ou haute pression),
- les canalisations d’eau potable et d’assainissement,
- les réseaux de télécommunication (fibre, cuivre, câbles coaxiaux),
- les réseaux de chaleur ou de froid urbains.
Ces infrastructures sont particulièrement sensibles : une perforation de canalisation de gaz ou un contact avec un câble sous tension peut provoquer des blessures graves, voire mortelles. Toute intervention sur ces réseaux requiert une qualification adéquate. Découvrez notre formation AIPR Encadrant / Concepteur / Opérateur pour être conforme à la réglementation.
L’intervention à proximité de réseaux souterrains implique :
- la consultation obligatoire des plans via le guichet unique DT-DICT,
- la localisation précise des réseaux avant tout terrassement,
- l’obtention de l’AIPR adaptée au profil de l’intervenant (opérateur, encadrant, concepteur),
et le respect des distances de sécurité fixées par la réglementation.
Une mauvaise identification ou une erreur de profondeur peut coûter cher : chaque année, plusieurs milliers d’endommagements de réseaux sont recensés en France, entraînant parfois l’interruption de services publics essentiels.
2. Les réseaux aériens : un danger souvent sous-estimé
Les réseaux aériens sont plus visibles, mais non moins dangereux. Il s’agit principalement des lignes électriques aériennes, des câbles télécoms suspendus ou encore de certaines conduites de fluides dans les zones industrielles.
Leur particularité est que le risque ne vient pas du sol, mais du volume d’évolution des engins : bras de grue, nacelle, benne, godet, etc.
Une simple approche trop proche d’un câble sous tension peut provoquer un arc électrique sans contact direct.
L’AIPR impose donc :
- une analyse préalable de la zone de travail,
- la signalisation et le balisage des lignes à risque,
- la formation des opérateurs sur les distances de sécurité à respecter,
et, si nécessaire, la mise hors tension temporaire par le gestionnaire de réseau.
Les entreprises doivent aussi anticiper le risque de vent ou de déport des câbles, qui peut modifier les distances réelles de sécurité.
3. Les réseaux subaquatiques : un cas spécifique mais en expansion
Moins connus, les réseaux subaquatiques (ou sous-marins) concernent les infrastructures installées dans les fleuves, les lacs, ou en mer. Ils comprennent notamment :
- les câbles électriques sous-marins,
- les canalisations de gaz ou de pétrole,
- les fibres optiques internationales,
- les adductions d’eau traversant un plan d’eau.
Les interventions dans ces zones sont rares, mais elles exigent une expertise technique particulière. L’environnement subaquatique rend la localisation et la protection des réseaux plus complexes : les repérages s’effectuent par sondage géophysique ou drone sous-marin (ROV), et la réglementation AIPR s’applique également à ces travaux dès lors qu’ils se situent dans le périmètre de réseaux déclarés.
Les opérateurs doivent alors détenir une AIPR valide et être formés aux procédures spécifiques d’intervention en milieu aquatique, souvent en coordination avec les gestionnaires de réseaux (RTE, Enedis, GRDF, opérateurs télécom, etc.).
4. Ce que cela implique pour les entreprises et les collectivités
Quelle que soit la nature du réseau — souterrain, aérien ou subaquatique — l’AIPR impose une responsabilité partagée :
- Le concepteur (maître d’ouvrage, maître d’œuvre) doit intégrer la prévention dès la phase d’étude.
- L’encadrant (chef de chantier, conducteur de travaux) veille à la conformité des méthodes et des autorisations.
- L’opérateur (conducteur d’engin, terrassier, soudeur, etc.) applique les règles sur le terrain.
L’obtention de l’AIPR par une formation n’est donc pas qu’une formalité : elle garantit la sécurité, la conformité réglementaire et la fiabilité du chantier.
Une entreprise qui néglige ces obligations s’expose à des sanctions financières, à la suspension du chantier et à une responsabilité civile ou pénale en cas d’accident.
Les réseaux concernés par l’AIPR ne se limitent pas au seul « souterrain ». Les réseaux aériens et subaquatiques doivent également être pris en compte dans toute préparation de travaux. Comprendre leurs spécificités techniques et réglementaires permet d’éviter les endommagements, d’assurer la sécurité des intervenants et de préserver la continuité des services essentiels. Selon votre rôle sur le chantier, que vous soyez opérateur, encadrant ou concepteur, vous devez suivre la formation adaptée. Consultez notre page Profil concepteur, encadrant et opérateur pour savoir quelle formation correspond à votre profil.
L’AIPR est avant tout un outil de prévention et de professionnalisation : elle protège les réseaux, mais surtout ceux qui y travaillent chaque jour.
